Dans La chanson française et son histoire
par Dietmar Rieger, Gunter Narr Verlag, 1988,
Hinrich Hunde consacre un chapitre à
« La Marseillaise : Un air et mille couplets :
la Marseillaise et « les marseillaises » pendant la Révolution »
(p. 75)
Il cite cette chanson de la citoyenne Bagneris (1793 ou 94) :
« Sur l’air connu des patriotes
Je veux faire aussi des couplets
Pour fêter les bons “sans-culottes”
Il n’en est point de plus parfait… »
Aucune chanson ne fut aussi contrefaite ! Il y eut un nombre incroyable de contre-marseillaises et de parodies écrites et chantées. L’auteur cite celle d’un sans-culotte :
Allons ! Enfants de la Patrie !
Le jour de gloire est arrivé !
Contre nous de la tyrannie,
L'étendard en vain s’est levé ! (Bis)
Voyez-vous loin de nos campagnes
S’enfuir ces féroces soldats ?
Qui venaient jusque dans nos bras
Égorger nos fils, nos compagnes.
R.
Nos armes, citoyens,
Ont triomphé des rois !
Veillons (bis)
Sans nous lasser,
Au maintient de nos droits !
Deux couplets supplémentaires écrits par Rouget de l’Isle
pour le front belge sont cités :
« Vous habitants de ces rivages,
Nouveaux nés à la liberté,
Qui voyez après tant d’orages,
Son culte chez vous rapporté :
Reprenez ce fier caractère
Qui fit trembler vos oppresseurs :
Aux Rois, ainsi que vos vengeurs,
Jurez une immortelle guerre.
R. Aux armes…
Bientôt ces provinces fertiles
Jouiront d’une immortelle paix :
Heureux bientôt, libres, tranquilles,
Vous bénirez le nom François.
Bientôt… Mais l’aigle germanique
S’arrête encore dans vos climats :
Il tient des milliers de soldats
Sur les confins de la Belgique.
R. Aux armes…

Tableau d’Isidore Pils.
Sont cités également un Hymne religieux et patriotique et sa contrefaçon personnelle :
« Etre infini que l'homme adore
Sous des noms, des cultes divers,
Entends d'un peuple qui t'implore,
Les vœux et les pieux concerts.
Que toute la terre fléchisse
Devant ta sainte volonté:
Nous espérons en ta bonté
Même en redoutant ta justice,
Brise partout les fers de la captivité
Dieu bon (bis) donne aux mortels la paix, la liberté.
Avec une deuxième version :
« Etre infini que l'homme adore
Comme le Dieu de l’Univers,
D’un infortuné qui t'implore,
Les vœux et les pieux concerts.
Que toute la terre fléchisse
Devant ta sainte volonté:
Pour moi j’espère en ta bonté
Même en redoutant ta justice,
Brise aujourd’hui les fers de ma captivité
Dieu bon (bis) donne-moi la paix, la liberté.
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